Le Québec n'est pas seul à vouloir reprendre le contrôle de son infrastructure numérique. Regardons ce que font les voisins européens — et ce qu'on peut en apprendre.
France : LaSuite
La France développe LaSuite numérique, un ensemble d'outils collaboratifs open source pour ses agents publics : documents, visioconférence, messagerie instantanée (Tchap, basée sur Matrix — le même protocole que notre Convo), hébergés sur des infrastructures qualifiées par l'ANSSI. Le code est public.
Allemagne : openDesk
L'Allemagne fédérale déploie openDesk, porté par ZenDiS (Centre pour la souveraineté numérique) : un assemblage de briques libres (Nextcloud, OpenProject, Jitsi, XWiki) destiné à remplacer Microsoft 365 dans l'administration.
Et ailleurs
Les Pays-Bas et d'autres États européens avancent sur la même route, chacun à son rythme, souvent autour de Nextcloud et de briques libres. Le mouvement de fond est clair : les États qui en ont les moyens réduisent leur dépendance aux géants américains.
Et le Québec?
Le Québec a son cadre légal — la Loi 25 — et maintenant une offre d'ici. La différence d'approche de Béluga : plutôt qu'un assemblage d'applications distinctes, une suite intégrée — une seule authentification, un seul stockage, une seule interface en français québécois — bâtie sur les mêmes briques libres éprouvées (Matrix, LiveKit, MinIO).
Soyons lucides : les initiatives européennes sont portées par des États, avec des budgets d'États. Béluga est porté par une petite entreprise et ses clients. C'est plus fragile — et c'est aussi ce qui garantit qu'on n'existe que si on est réellement utile.